Jeudi, le 2 août dernier, j'ai eu la chance d'assister à l'événement KnowLedge-hop 8, organisé par Monk-e. C'est en m'inspirant de la soirée que j'ai écris l'article qui va suivre ci-dessous. Malheureusement le texte intégral comprenant les photos est trop gros pour que je le mette en pièce jointe.

Une question de knowledge

Julie Bilodeau

Trop souvent aujourd’hui, on entend la phrase « le hip-hop c’était mieux avant ». Cette désolation est concevable puisque de nos jours, ce que nous offrent les radios et les canaux de musique est souvent du contenu pré-digéré, facile à avaler, et les vrais amateurs de hip-hop ne s’y retrouvent plus.

Pourtant, il y une grande scène hip-hop au Québec qui ne demande qu’à être mise de l’avant. Je parle ici de vrai hip-hop, de musique qui vient du cœur, de textes recherchés et d’artistes passionnés par leur art avant tout.

À la recherche de rap québécois
Heureusement, il existe plusieurs plateformes où il vous est possible de découvrir ces artistes. Depuis 2009, les WordUp! Battles, et autres ligues, exposent des battles-emcees au public, en diffusant leurs vidéos sur internet.

Pour reprendre leurs propres mots, « L’organisation met régulièrement sur pied des évènements dans lesquels les artisans de la scène hip-hop québécoise sont invités à s’affronter dans un combat de mots (communément appelé battle rap) afin de d’établir leur supériorité en tant que maître de cérémonie. »

Aussi, des sites comme Hip-Hop Franco et HHQC pour ne nommer que ceux-là, offrent la possibilité aux amateurs de Hip-hop d’ici et d’ailleurs de découvrir de nouveaux artistes et de suivre ceux qu’ils connaissent déjà.

Voir de vos propres yeux

Il est bien de naviguer sur internet pour connaître de nouveaux artistes, mais rien ne vaut une bonne prestation « live » pour enrichir son bottin musical.

Depuis dix mois, un artiste de la scène locale nommé Monk-e, membre du collectif K6A !?! et de KalmUnity Vibe Collective, organise les soirées Knowledge-Hop au Café Chaos. Ces rassemblements visent à faire connaître des artistes d’ici ayant une chose en commun : l’amour de la culture hip-hop.

Du Piu-Piu, nouveau genre exclusif à Montréal, en passant par le rap, l’improvisation, les «beat makers», les artistes de la canne et les danseurs, il y en pour tous les goûts. Comme quoi le hip-hop ne se cantonne pas au « bling bling » qu’il évolue et qui est loin des « clichés commerciaux qui le rendent terne » comme le dirait Monk-e.

Knowledge-Hop 8
Lors de la dernière édition, plusieurs artistes de différents horizons étaient présents afin de célébrer dans la joie la culture hip-hop.
Le premier artiste à être monté sur scène est connu sous le nom de Markings. Son album « Odd Man Out » est disponible sur BandCamp et comprend huit pistes.

Par la suite nous avons eu droit au duo O.C. (One & Chele), un savant mélange d’espagnol et d’anglais. Leur plus récent album « Inglorious Bastardos » est disponible en téléchargement libre sur le site Band Camp. Chele fait d’ailleurs parti du collectif hip-hop « Amérythmes », créé par le Cirque du Soleil lors d’une tournée australienne en 2004. En 2007, le collectif trilingue formé de Chele, Sola, Monk-e, Baby-K et Stack Money sort leur premier album : Âmes et rythmes.

Waahli était également de la partie cette soirée-là. C’est sur ces paroles recherchées et empreintes d’un état de conscience face à la vie que ce rappeur nous a transportés sur des beats de percussions, un peu soul. Son album « SoapFactory Vol.1 » est disponible sur le site de BandCamp au prix de 5,99 $.

Dead obies, un collectif formé il y a environ un an, a su amener une toute autre saveur à la soirée. À mi-chemin entre le rap et la musique électro, ces jeunes dans la vingtaine font ce qu’on appelle le Piu-Piu, genre exclusif à Montréal. D’abord lancé à la blague par le producteur montréalais Vlooper, ce terme est devenu populaire dans la scène hip-hop. Le documentaire « Piu Piu, a film about the Montreal Beat scene » sortira à l’automne 2013 et révèlera l’envers du décor; soit qu’est-ce que le Piu Piu. Pour ce qui est de leur album « collation vol.1 » il est disponible sur le site de BandCamp.

Pour finir la soirée en beauté, c’est en mode improvisation que Monk-e et Jonathan Emile ont pris les micros afin de nous partager leur vision du monde. Accompagné du groupe de musique N2tion Live Band, composé du saxophoniste Drey Sax, du pianiste Zach Frampton, du bassiste Mark Haynes et du batteur Jahsun Drms, ils ont partagés leur opinions sur des sujets tels que nos ancêtres, le capitalisme, l’individualisme, et la nature. Le tout portait à réflexion. X one était également de la partie pour faire découvrir son talent de beatboxer. C’est à la toute fin du spectacle que Monk-e improvisa un petit «freestyle» sur deux mots lancés par le public, soit simplicité et balance. Il a réussi à en faire quelque chose d’inattendu. DJ Manifest était présent aux platines.

Un rendez-vous à ne pas manquer
C’est en s’associant que l’on devient plus fort, et c’est la raison d’être des événements Knowledge-Hop. Plusieurs langues, plusieurs visions du monde dans des styles différents mais tous s’apparentant à cette large culture hip-hop. L’union fait la force. La scène underground est pleine de substances prêtes à exploser, chaque jour elle prend des forces et revient plus grande. Si l’envie vous prend, restez branché sur Facebook sur la page de Monk-e pour savoir à quand sera le prochain Knowledge-Hop, neuvième édition.